Une centaine de personnes de tous âges a assisté à cette soirée ponctuée de mises en lecture d’extraits de l’ouvrage par des comédiens amateurs de l’association krey manmay Sent lis (KMSL).
Le slam et les instruments traditionnels ont été mis à l’honneur pour ancrer l’histoire dans l’environnement antillais : la soirée a été ouverte au rythme de la conque de lambis et du chacha. Yannis, le frère de Loïc a su, du haut de ses 9 ans, faire vibrer le tambour.
De nombreuses questions ont fusé de l’assistance, qu’il s’agisse de la genèse du projet, des difficultés rencontrées, du soutien des enseignants, des parents et amis, de l’édition et surtout sur de l’écriture à 4 mains.
Après avoir développé une partie consacrée au thème "Jeunesse Martiniquaise et à écriture", Marie-Line SULLY a brossé un portrait de ces deux jeunes, si différents, mais qui ont su grâce à la richesse de cette différence, donner naissance à cette œuvre mature, empreinte de créolité et de métissage. Contrairement à Mike Fédé et Nadia Chonville, deux jeunes écrivains Martiniquais eux aussi, et dont les écrits sont fortement influencés par le fantastique, Loïc et Anthony campent leur histoire dans l’environnement antillais. Avec à la fois humour et sérieux, ils développent de nombreux thèmes d’actualité.
Loïc et Anthony ont tenu à préciser que le projet a été difficile de mener à terme, compte tenu de leur statut de lycéen et des obligations qui l’accompagnent. Ils écrivaient souvent tard et le rythme de l’écriture dépendait essentiellement de l’intensité de l’inspiration. Anthony écrivait même en cours ou séchait ses cours pour s’adonner à sa passion et remettre des textes à Loïc, l’initiateur du projet.
« Nos influences littéraires étant différentes, il est évident que notre plume le soit également. Le souci le plus grand était surtout de concilier deux univers complètement différents tout en gardant une certaine intégrité et en ne troublant pas l’harmonie dans la construction de l’œuvre. Le projet a débuté, il y a pratiquement plus d’un an face à la mer. Après avoir écrit quelques lignes, Loïc m’en fit part pour que je rejoigne dans ce projet. Étant conscients de la qualité de notre plume, le projet s’avérait être attirant. Toutefois, nous le faisions par pur plaisir et comme des lecteurs, nous découvrions petit à petit la trame de l’histoire qui s’appelle. Ce titre, choisi au cours de la création transpire un besoin d’innover compte tenu des conventions titulaires telles que « Mots pour maux » et d’autres titres tous aussi classiques. Les mots dans l’œuvre n’ont pas été choisis, eux aussi, par hasard car la recherche du mot juste et rare chez nous, se fait omniprésente, permanente. » nous expliquent-ils.
En deuxième partie de la soirée, Roger EBION, président de l’Office Municipal de la Culture, a effectué une analyse critique très approfondie de l’œuvre, et qui a donné suite à un débat très ouvert.
Loïc contraint de poursuivre ses études en métropole à compter de la rentrée 2010, ils envisagent de continuer l’aventure ; la distance n’apparaissant pas comme un obstacle à la survie de leur projet d’écriture.
A cet effet, le public n’a cessé de les féliciter et de les encourager dans cette démarche.
Rapide présentation des auteurs
Anthony Mélinard
Anthony a 17 ans et étudie la Littérature au Lycée de Ducos. Il est 1ere L ; aime littérature française classique, contemporaine et la philosophe.
Ses influences prennent source dans un monde occidentalisé, américanisé, même s’il ne rejette ses racines.
Loïc Clérima
Loïc a 18 ans. Scolarisé au Lycée Croix Rivail en Terminale Sciences Technologies de l’Agronomie et du vivant (STAV), il vient de réussir brillamment à son BAC et devrait poursuivre ses études en métropole. Il aime le slam et la poésie. A la différence d’Anthony, Loïc, apprécie littérature Antillaise, singulièrement la littérature haïtienne, et les auteurs de l’Antillanité et de la créolité.
