L’arrière-pays
Les zones boisées
A l’intérieur des terres, au nord et à l’est, on rencontre des mornes d’altitude moyenne ( jusqu’ à 360m) et de fortes pentes (20 à 30 % voire plus par endroits) et à l’ouest des mornes bas. Cette variété de reliefs entraîne une variété de climats.
On voit donc 2 climats se côtoyer à Sainte Luce : un climat tropical sec sur le littoral et les mornes bas et un climat tropical moyennement humide à humide dans les hauteurs.
La végétation est constituée d’espèces caractéristiques se développant en milieu sec (xérophytique) ou mésophytique telles que le bois-grillé, le bois-ti baume, le campêcher…
La forêt Montravail fait figure d’exception avec une partie de sa végétation à forts besoins en eau (hygrophytique) à cause de sa plantation de mahoganys.
En 1997, les inventaires de terrain y ont montré plus de 75 essences locales et une recolonisation naturelle par des essences caractéristiques de ce type de climat.
Les zones urbanisées
Il s’agit des quartiers hauts de Sainte Luce (Monésie, Lépinay…) qui sont en fait des poches d’urbanisation. En effet, le relief ne permet pas un urbanisation étalée. Ce qui explique une concentration de l’habitat le long des voies de circulation.
Les rivières
Le milieu hydrographique de Sainte Luce est composé de cinq principaux bassins versants. Il leur a été affecté un coefficient de ruissellement.
- La rivière Oman : c’est le bassin le plus important de la commune. Il est majoritairement naturel en aval avec des quartiers d’habitat individuel en amont. Son coefficient de ruissellement est C = 0,7.
- La ravine Saint Pierre. Le bassin versant est naturel, hormis une partie dans son extrême aval. Son coefficient de ruissellement est C = 0,6.
- La ravine Saint François. Le bassin versant est surtout naturel avec quelques poches d’habitat dispersé. Son coefficient de ruissellement est C = 0,6
- Le bassin versant regroupant les ravines du Bourg. Il est canalisé en arrivant au Bourg. Son coefficient de ruissellement est C = 0,6.
- La ravine Fond Moubin est encore naturelle en amont et est fortement urbanisée dans sa partie aval. Le dernier tronçon en aval de la RD7 est canalisé. Il est régulièrement encombré d’embâcles. Son coefficient de ruissellement est C = 0,8
Les eaux de surface de Sainte Luce sont régulièrement suivies par la DIREN. Cette surveillance de la qualité des eaux superficielles se fait en différents points. Ces points sont identifiés sur la carte ci-dessous :
L’espace agricole de Sainte Luce est principalement concentré sur le tiers ouest du territoire communal. Hormis le domaine de Trois-Rivières cette activité est économiquement en déclin. On peut voir sur la cartographie ci-dessous, que cette zone est partagée entre deux grandes principales catégories de propriétaires (les particuliers et les entreprises privées). Cet espace est occupé par un type de culture (canne à sucre) et par l’élevage extensif.
Les routes et chemins
La voirie de Sainte Luce totalise un linéaire de 41 167 mètres dont 2 687 mètres linéaires pour la voirie urbaine.
- la RD7 appelée « Chimen Top Sud Matinik », elle va des Coteaux au bourg, cette route littorale bénéficiera à terme d’un aménagement.
- la RD36, c’est la route qui va dans les hauteurs de Sainte Luce c-à-d de Dormante à Lépinay en passant par Monésie. Des points de vue remarquables y existent comme par exemple au croisement de la RD17 et de la RD36.
- la RD8 de Lépinay à Lafitte, c’est une route très pentue, étroite et peu exploitable ; il y existe un point de vue aménagé ;
- la RD17 qui relie Morne Caraïbe au bourg. Cette route est sinueuse et n’offre pas de point de vue ;
- la RD18 qui sort du bourg et va vers Rivière Pilote
- la route des Bambous
- chemin de Bellay
- la route de Corps de Garde
- chemin Bois Grillé
- la route de Bellevue
- la route de Délivry
- les voies des lotissements communaux (Trois Rivières, Oblot, Désert…)
Les points de vue
Du fait de son relief, la commune offre des points de vue disséminés le long des routes. Ces points de vue peuvent être « sauvages » ou aménagés. Ainsi au détour d’une route, vous pouvez être surpris par la majesté de certaines perspectives. Notamment à Epinay. Il est préférable de prendre son temps et de s’arrêter pour admirer ces vues. Certaines vous emmènent jusqu’à la Montagne Pelée. Attention tout de même à l’endroit où vous garez votre véhicule pour ne pas gêner la circulation.
Les sentiers pédestres
Le territoire communal offre des possibilités de randonnées pédestres par la redécouverte d’anciennes traces.
L’aménagement et l’entretien de ces sentiers est assuré par la Brigade de l’Environnement. Ils seront bientôt cartographiés.
Le littoral
Le littoral tel qu’on l’entend est constitué d’une alternance d’anses de sable blanc, de pointes rocheuses et de mangroves en arrière de ces anses. Mais le littoral ne se résume pas uniquement à cette image. Le littoral lucéen est plus riche que cela. La RN5 est une frontière naturelle entre le littoral et de l’arrière-pays.
La tradition de pêche à Sainte Luce a permis un développement urbain qui se traduit par la présence de 2 ports : le premier est un appontement départemental au bourg et le second n’est que faiblement aménagé et localisé à Trois Rivières. Ce développement urbain est également traduit par des ensembles de quartiers dynamiques entrecoupés des zones naturelles. Ces ensembles sont, d’est en ouest, le bourg-Gros Raisin, Fardin (hotels et VVFs) et Désert-Veyssière-Trois Rivières.
Les zones naturelles intersticielles sont faites de pâturages ou de mangroves. Elles sont pour la plupart inondables.
Le long de ce littoral, il existe un sentier offrant la possibilité d’aller d’anse en anse à pied et de découvrir les autres richesses de ce littoral.
Le sentier littoral
Le sentier littoral de Sainte Luce est le sentier pédestre le plus connu et le plus utilisé car le plus facile que ce soit pour y accéder ou le parcourir.
Il prend son départ au bourg en face de la gendarmerie pour s’arrêter à l’extrémité ouest de la plage de Désert.
Il serpente, monte, descend entre les arbres, sur les plages, près des mangroves et sur les pointes rocheuses sur environ 3,5km.
Ce sentier est un lieu de convivialité : on se rattrape, on se croise, on se dit bonjour… On peut également s’asseoir sur un des bancs disséminés ça et là pour profiter de la vue.
C’est aussi un lieu de sport : on court, on s’étire, on fait des abdos…
C’est également un sentier de découverte de la faune et de la flore caractéristiques du littoral. On croise des crabes touloulous, de terre, zagayas…) et aussi le mancenillier au combien dangereux ceinturé de rouge. Rouge pour dire "Attention".
La végétation est sèche et diverse. On croise des raisiniers aux petites baies sucrées-salées (en septembre-octobre), les habituels cocotiers, des campêches…
Les mancenilliers (de manzana= pomme, en espagnol) sont des arbres extrêmement toxiques, qui peuvent provoquer de très graves brûlures par simple contact avec la peau et des brûlures internes extrêmement graves par ingestion.
Feuilles, branches, sève, tronc, fruits…, dans le mancenillier, le poison est partout !
Donc, n’en approchez pas, et surtout, ne songez pas à vous abriter dessous lorsqu’il pleut ! Faites attention à ses fruits qui ressemblent à de petites pommes. Les enfants peuvent être tentés de jouer avec et de les porter à la bouche.
La protection des espaces
Certains de ces espaces sont protégés et gérées par des gestionnaires différents qui travaillent de concert dans un objectif de développement durable.
La forêt domaniale littorale lucéenne est gérée par l’ONF. Elles sont sous un régime forestier. Son territoire comprend la zone des 50 pas géométriques de la Pointe Pimantée et de la baie de Trou au Diable y compris Pointe Fusette et aussi l’arrière-plage de Corps de Garde-est.
Les forêts de Montravail et du Saut font partie de la forêt départementalo-domaniale du Sud. Les objectifs de gestion de l’ONF font que la parcelle du Saut pourrait devenir une réserve biologique domaniale intégrale et que Montravail restera une zone de production et de protection des milieux.
Depuis 1191, la forêt du Saut est une zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique ou ZNIEFF de catégorie 1 sur 225ha dont 48ha en catégorie 2. Elle est constituée d’espèces d’arbres menacées en Martinique et abrite des espèces d’oiseaux intéressantes.
Les pressions sur le milieu
Les défrichements
La demande en défrichement est peu importante. La majorité de ces demandes sont principalement pour les besoins de logements et très peu a des fins agricoles.
Les pesticides
La culture de la canne à sucre pratiquée à Sainte Luce utilise peu d’intrants (principalement des herbicides), c’est donc une des cultures les moins polluantes (mais polluante quand même).
Aucun rejet de pesticide rémanent (chloredécone,…) n’a été détecté par la DIREN dans le bassin versant d’Oman. Cependant, on retrouve des traces de pesticides dans les eaux superficielles de la Rivière Pilote. Le sens du courant marin laisse supposer que ces molécules peuvent se retrouver sur Sainte Luce.
Définitions
Le coefficient de ruissellement (noté C) représente le pourcentage de la pluie qui ruisselle immédiatement en débit de surface, le restant (1- C) représentant l’eau perdue temporairement ou de façon permanente pour diverses causes (absorption et/ou évaporation par les plantes et/ou par le sol). Ce coefficient est régi par l’intensité de la pluie, par la porosité du sol et les caractéristiques du bassin versant.
La voirie désigne un ensemble des voies de circulation du domaine public. Les chemins ruraux présentent la particularité d’appartenir au domaine privé des communes. Ils ne sont pas soumis aux obligations d’entretien comme les voies communales (domaine public).